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Enfance juive en France

Helene Rottenberg
Ma famille
Enfance juive en France

Je suis née à Paris, 1949. Mes parents et mes  grand parents  étaient originaires de Guebwiller, une petite ville au sud de l’Alsace. Toute ma famille était implantée en Alsace depuis 1700. Mon grand père paternel était rabin à Guebwiller. Durant la guerre 39/45, je peux dire que ma proche famille a été relativement épargnée par la déportation, mais elle a du se déplacer du nord de la France vers le sud (zone libre), puis partir en Suisse en cachette de nuit, avec un passeur. L’acceuil, faute d’être chaleureux, a sauvé la vie de mes parents, moyennent la prise de leur petites économies cousues dans les doublures des manteaux.

A la fin de la guerre, les familles juives alsaciennes se sont  reconstituées mais la plupart n’ont pas reintégré les villages ou la vie "pieuse” avec une foi secrète, à défaut d’être "pratiquant” s’est éteinte. Seules les grandes villes d’Alsace ont continué à abriter une vie communautaite comme Strasbourg ou Mulhouse.

Mes parents, eux, ont rejoint Paris, avec ma soeur ainée née pendant la guerre (en 43) et mes deux grand mères.

Je suis née 4 ans après la guerre, à l’époque où tout le monde était traumatisé par la shoa, ému par les rescapés des camps de concentration. En cette période, il n’était plus pensable d’entendre des réflexions antisémites. De toutes manières, les juifs alsaciens avaient pour maître mot la "discrétion”. On était francais avant tout, de confession juive. Les stigmats de la politique de Napoléon envers les juifs étaient ancrés dans toutes les âmes juives alsaciennes. Il fallait avoir l’air comme tous les autres. Mais l’essentiel de la vie juive s’exprimait dans l’intimité de la maison. Nous mangions cacher, nous célébriions toutes les fêtes. Le shabatt ne pouvait être respecté car nous avions classe et mes parents travaillaient. Ce n’était pas pensable de sortir du rang "français” au nom de la religion. Le moule français restait plus fort que tout. On se sentait profondément juifs dans notre foi, mais il ne fallait surtout rien montrer ou demander.

Plus tard, grâce aux mouvements de jeunesse (éclaireurs Israelites de France), à partir de 1962, nous avons instauré à la maison le kidoush du vendredi soir. La prononciation des textes en hébreu était influencé par l’allemand et ce n’est que bien plus tard, à l’oulpan à Jérusalem, que j’ai reconnu les mots de base (goot ion teuf = yom tov = pour rire: bon jaune d’oeuf).

Une anecdote me fait sourire. Vers 1968, nous recevions les futurs beaux parents de ma soeur pour allumer la première bougie de Hanuca. Mon père a chanté les brerahot comme il avait l’habitude de les chanter, et nos hôtes, originaires de Casablanca ont dit "c’était beau, mais nous, nous chantons en hébreu”.

Toute ma scolarité s’est passée dans des écoles publiques. Mon père, enseignant lui-meme, n’aurait pas imaginé nous inscrire dans une école juive, et il faut préciser qu’ à l’époque il y avait très peu d’écoles juives.

Mon amour pour Israël est né

Bien que m’appelant Dreyfuss, je n’ai  jamais souffert d’antisémitisme jusqu’en 1967. Le géneral De Gaulle , avec une phrase vexatoire, a donné le feu vert à de nouvelles réflexions qu’on osait plus faire depuis la guerre. En parlant du peuple juif il avait dit "un peuple d’élite, sûr de lui et dominateur.” Parallèlement à ce "déverouillage” de la parole antisémite, l’éxistence d’Israel se faisait forte dans le monde. La guerre des 6 jours a été médiatisée, et mon amour pour ce jeune pays est né. Mes parents n’ont pas compris, mais ne se sont jamais opposés à cet engagement, et j’ai pu voyager quand je voulais, pour  découvrir ce pays. A parir de 1969, je savais que mon avenir était à Jérusalem. Les aléas de la vie ont fait que je ne pouvais pas partir à 18 ans, comme beaucoup de mes amies et j’ai entamé ma carrière professionnelle dans l’enseignement, restant auprès de ma mère pour le soutien dans l’épreuve de la maladie de mon père, gravement cardiaque. Mes deux soeurs étant mariées, ma place était a la maison.

Puis la vie a continué. Mariage, enfants, carrière. Je suppose que mes enfants ont ressenti mon amour pour  Israel et mon envie de progresser dans l’étude juive, réduite à sa plus simple expression dans ma petite enfance. Mon fils d’abord, puis ,ma fille, m’ont démandé d’aller en école juive. Les E.I.F. et l’école juive ont fait leur effet et chacun, à 18 ans à peine, est parti en Israel, faire armée, shérout leumi et études.

Notre Alya – une vie de famille chaleureuse

Dès mon passage à la retraite, nous avons, mon mari et moi, organisé notre alya que nos amis français et notre famille ont qualifié de "courageuse”.

Depuis lors, malgré toutes les difficultés de langue et de culture, notre vie a un vrai sens et notre identité juive est bien mieux construite. La coïncidence entre ce qui est dit dans les textes (que nous comprenons mieux à présent) et ce que nous vivons concrètement dans ce pays nous saute aux yeux. En même temps, le décalage entre les amis que nous avons laissé en France et nos amis israéliens, nous impressionne aussi. Très inconciemment, nous nous sommes transformés. Notre matérialisme s’est éffacé pour des valeurs plus variées. Nous ne courrons plus après des vêtements de marque ou des vacances en grand hotel. Nous vivons notre judaisme sans nous cacher, sans nous justifier, sans peur. Mais je reste consciente de tout le bagage culturel acquis en France et de toute l’éducation reçues pendant toutes ces années. Je n’ai aucun regret ni de ma vie passée en France ni des difficultés rencontrées en arrivant en Israel.

Je concluerai en disant que ma vie actuelle est construite autour de vraies valeurs: un judaïsme vivant, une vie de famille chaleureuse, entourée de beaux petits enfants.

מילון

אלזס
חבל ארץ שגרמניה וצרפת נלחמים עליה (3 מלחמות: 1870 שהוא רקע לפרשת דרייפוס, מלחמת עולם ראשונה ושנייה). חיי הקהילות היו בכל כבר אפשרי עד מלחמת העולם השנייה שבה נשארו רק 2 מרכזים בערים מולוז בדרום ושטרסבורג בצפון החבל. רוב היהודים הגרו לפריס.

EIF
?claireurs Israelites de France תנועת הצופים היהודיים בצרפת

ציטוטים

”Nous vivons notre judaisme sans nous cacher, sans nous justifier, sans peur“